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Illustrations

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Exemple 1

Un ingénieur est nommé chef de service. Il vient de l'extérieur de l'entreprise. La raison de ce recrutement externe n'est pas connue, du point de vue des techniciens du service, une promotion interne eût été préférable. Le " nouveau " est ignoré, personne ne lui adresse la parole. Ses préconisations ne sont pas suivies. Sa direction pense qu'il a besoin d'un training de management, lui-même en convient : jeune, il ne connaît probablement pas les " bonnes " techniques de management. Suite à son absence, le climat s'empire ; il est contesté en réunion de service, une rumeur s'installe sur sa vie personnelle. Il devient acariâtre, on confirme son inadéquation au poste et il est transféré à une autre unité - même salaire, même qualification mais plus aucune responsabilité de groupe ni chance d'évolution ultérieure.

Exemple 2 haut

Une responsable bureautique est employée depuis 15 ans dans son entreprise. Sa compétence est reconnue, elle gère l'ensemble du parc informatique. Un changement de direction entraîne une politique différente de l'entreprise. Craignant que la direction de son service soit remise en cause, le responsable de cette personne lui demande un surcroît de travail. Pendant 3 ans, elle travaille 12 heures par jour, emmène des dossiers avec elle le week-end. Un accident de la route - dû à la fatigue - l'oblige à s'arrêter pendant 4 mois. Au retour, son chef ne lui parle plus, son bureau a été vidé, les dossiers lui sont retirés. Ses collègues l'évitent. Après 6 mois, elle fait une dépression, ce qui a pour conséquence un nouveau congé maladie de plusieurs mois. Quand elle revient, cette fois, son bureau est mis dans un couloir, on lui retire le téléphone, elle est exclue de toute réunion - Deux mois après, elle démissionne.

Exemple 3 haut

Une jeune fille, après un bac scientifique et une première année de BTS chimie change d’orientation et engage un contrat d’apprentissage pour devenir préparatrice en pharmacie. L’employeur est réputé « difficile » (plusieurs jeunes, antérieurement, ont arrêté en cours d’année) mais elle tente sa chance. Les 3 autres employées de la pharmacie sont d’abord surprises de ce parcours. Pourquoi faire un BP quand on a déjà un bac + 1 ? Cette surprise se transforme rapidement en petites « piques » : elle a beau avoir un bac et être jolie, elle ne sait pas renseigner ses clients. Les railleries devenant incessantes, la jeune fille perd son peu de confiance, devient de plus en plus timide et ne va plus au devant des clients. L’employeur s’en aperçoit et lui fait remarquer « qu’ici, il n’y a pas de place pour les fainéants ». Craignant de plus en plus de faire des erreurs, elle les cumule dans l’exécution des ordonnances. Son employeur la dénigre devant ses collègues. Elle perd complètement la face ; des crises de spasmophilie surviennent et elle est arrêtée 15 jours. Elle n’a pas la force de retourner à la pharmacie et démissionne. Son contrat d’apprentissage prend fin en cours de première année. Un an après, elle reste employée de ménage à mi-temps et pense n’être pas capable de reprendre une formation.

Exemple 4 haut

Une adolescente vient d'emménager dans une nouvelle région. Elle n'y connaît personne. Arrivée en janvier, ses parents l'inscrivent au lycée privé de la petite ville. De milieu modeste, elle " détonne " parmi les enfants qui y sont scolarisé ; la majorité d'entre eux ont des parents appartenant à des catégories sociales plus aisées, notables, commerçants… Au premier abord, les élèves de sa classe l'ignorent. Puis, voyant qu'elle " ose " prendre la parole en classe et qu'elle suscite quelques intérêt de la part des enseignants, les hostilités se déclarent ; on lui coupe la parole, on lui vole des affaires, on la pousse dans les escaliers…. En réaction à ces agressions, elle se renferme, n'intervient plus en classe, ses notes chutent. Après un épisode humiliant où certains membres de sa classe réussissant à ouvrir la porte des toilettes pendant qu'elle les utilise, elle s'absente des cours pendant une semaine. Alertés par le proviseur, ses parents tentent de comprendre, elle ne dit rien et tombe malade. Sa scolarité devient de plus en plus cahotante et elle redouble. L'année suivante, avec de nouveaux camarades de classe et un enseignant qui l'écoute et la soutient, elle remonte progressivement la pente.

Exemple 5 haut

Une jeune femme de trente ans, ayant obtenu un BTS secrétariat de direction, signe un CDI après treize mois de chômage. Son mari est lui aussi à la recherche d'un emploi. Le couple décide de déménager pour se rapprocher du lieur de travail proposé. La jeune femme commence sa période d'essai de un mois, elle est secrétaire d'un chef de service qui l'accueille de manière très affable et la met à l'aise en lui disant " qu'elle ne s'inquiète pas de ne pas bien connaître le logiciel, elle s'y fera vite ". Pour lui souhaiter la bienvenue, il lui propose de déjeuner ensemble, elle accepte, contente d'avoir un chef " cool ". Au bout de quinze jours, celui-ci lui propose de " prendre un pot " à 18 heures. Elle refuse, embarrassée, trouvant son attitude trop empressée ; des regards et sous-entendus la mettent mal à l'aise. Ce refus marque l'engagement d'agissements plus gênants pour la secrétaire. Son chef se rapproche physiquement d'elle lorsqu'il a à lui parler et il multiplie les occasions de la frôler. Pensant qu'il va bien finir par se lasser, elle poursuit son contrat au-delà de la période d'essai, mais elle demande à son mari de venir la chercher le soir pour que " son chef comprenne" ". Elle prend des résolutions, une attitude plus fermée et évite toute conversation débordant le cadre des échanges professionnels. Son chef passe alors à un autre niveau ; il émet régulièrement des railleries et blagues à connotation sexuelles. Elle devient la " sainte nitouche " et est taxée de " celle qui est aimable quand elle a le temps ". Au prix de symptômes de plus en plus contraignants (insomnies, anxiété, maux d'estomac, lumbago) elle arrive à tenir pendant deux ans mais en se rigidifiant au fur et à mesure. Elle profite alors, qu'un poste se libère dans la société pour demander à la direction d'aller travailler dans un autre service, où par contre, elle perd le contact qu'elle avait avec des clients et des fournisseurs. Soulagée de n'être plus sous la coupe de son harceleur, elle accepte une activité professionnelle moins intéressante pour elle. Six mois après, elle prend encore anxiolytiques et somnifères.

Exemple 6 haut

Une femme, après s'être mariée, découvre que la vie à deux suppose beaucoup de conciliations… de sa part. Chargée de mission dans une grande entreprise, il arrive régulièrement qu'on lui propose des déplacements de courte durée en France ; cela fait partie pour elle des intérêts de son métier. Après un an de discussions régulières avec son époux qui tente de la convaincre qu'on " l'exploite ", qu'elle " n'est pas payée à la mesure de ce qu'elle fait ", qu'elle devrait " tous les planter là ", le doute s'immisce ; elle redoute d'annoncer chez elle ses futures missions et décide finalement de déclarer n'être plus intéressée par cette partie de son activité. Une autre personne se porte immédiatement volontaire et la jeune femme doit, pour compenses, assurer une part de gestion administrative supplémentaire. Dès lors, son mari commence à la déconsidérer de plus en plus ouvertement, à plaisanter en la traitant de " planquée " et de " pantouflarde ". Lorsqu'elle proteste, il lui déclare qu'il l'avait juste incitée à réclamer des augmentations mais jamais à arrêter ses déplacements. Mal dans sa peau, elle devient triste, accorde moins d'importance à des détails vestimentaires qu'avant. Son mari commence alors à pointer à voix haute toutes les femmes élégantes qu'il rencontre ou qu'il voit dans les médias. Il affectionne particulièrement de plaisanter sur sa femme en présence d'autrui. Parce qu'elle proteste encore, elle entend qu'elle " n'a vraiment pas le ses de l'humour " et qu'elle " devrait peut-être se décentrer d'elle-même car tout ne tourne pas autour d'elle quand même ". Persuadée qu'elle s'y prend mal, elle tente de comprendre et de discuter. Peine perdue, son mari lui faisant remarquer qu'elle a vraiment du temps à perdre en jérémiades, que, pour lui, tout va bien et qu'il continue de l'aimer " malgré tout ". Ce laminage incessant l'amène à consulter un psychiatre. Dès lors, lorsqu'ils sont en désaccord, son mari l'enjoint à " régler son problème d'égo avec son psy et qu'après cela ira mieux, qu'en attendant, lui, a besoin de sortir un peu car l'atmosphère devient vraiment étouffante ". Au bout de 5 ans de vie commune, elle apprend qu'il la trompe depuis le début, elle décide alors de divorcer. Elle sort alors physiquement de l'emprise mais reste persuadée que tout cela est de sa faute.


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